Il pleut dans mes yeux



Y a la fatigue qui commence à se voir. Les convocations chez l'infirmerie qu'on me tend, une lueur effrayé dans le regard. Je nage dans des eaux lourdes. Peine à suivre une conversation plus de quelques minutes.
Y a mes neurones qui dorment, ratrappent un repos que je ne leur accorde pas.
J'ai décidé de couler jusqu'à finir sur un brancard.


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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 11:27

Sleeping with ghosts


- J'vais te dire une chose, c'est pas parce que tu te crois en sevrage avec une crise par jour que ça en est. C'est encore beaucoup, beaucoup trop. Je t'estimerai en cours de sevrage quand tu ne feras plus qu'une crise par semaine. Grand maximum.
- C'est trop.
- Regarde toi avant de parler.
- Pendant les vacances d'été, j'ai été à cinq crises par jour.
- Certes.
- Donc il y a eu amélioration.
- Une goutte blanche dans un bidon de peinture noire.


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# Posté le lundi 09 novembre 2009 14:59

J't'aime pas, pas la peine de gémir


" Je ne te donne plus de conseils, de toute façon, tu ne les suis pas "
" Tu ressembles à une morte, ou à une représentante de la famille Adams "


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# Posté le lundi 09 novembre 2009 14:48

Modifié le lundi 09 novembre 2009 15:00

Crève sale chienne, crève

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# Posté le samedi 07 novembre 2009 05:13

Oz



Les mots se brisent dans un coin de ma gorge, les débris s'amassent et me bloquent la respiration. On a pas idée, les mots sont tellement lourds et j'etouffe, je m'effondre en moi. Elle est belle la jeunesse, cette putin de jeunesse qui sourit en gerbant, rit en se droguant, fait des projets en se prostituant, va au cinema en se tuant. Ou c'est moi, ou c'est vous, mais il y a quelque chose qui ne va pas. Ma tête est un bourdonnement, mes mains des glaçons, ma gorge une fournaise. Qu'est-ce qui fait le plus peur, le fait que mon père me raccroche au nez ou que je vomisse du sang ? Et puis ma mère, encore elle, et finalement toujours elle. Je ne sais pas l'aimer sans la haïr. Et ce rôle qu'on m'a collé sur le front et qui me fait horreur "La fille qui cause des soucis à ses parents", je me l'arracherai, le papier, la peau, la chair. On me touche, j'hurle, on me parle, je me braque, on me regarde, je gueule. Pause



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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 15:09

Les cros dis-tu ?



Sombrer est tellement, tellement plus confortable. C'est être installé dans un fauteuil et regarder le temps passer. Se regarder soit-même courir vers la fenêtre sans esquisser le moindre geste pour se sauver. Se sauver de quoi, d'ailleurs. De la folie ? Tout le monde est malade. Je ne suis pas plus cinglée qu'une personne qui fume. Mieux, la folie, je la sais et vois partout, chez moi et chez les autres. D'autres ne la voient que chez moi. Allez savoir pourquoi, ça les rassure. On a placé des bornes. Toi, tu n'entres pas dans la norme. Toi, prend cette étiquette et colle-la sur ton front. Les gens se cachent tellement. Une chose ne leur plait pas ? Hop. Sous le tapis. Comment ? Non non, tout va bien, vous vous trompez. Vous dîtes ? Elle s'est suicidée ? Quel malheur, elle ne devait pas être bien elle. Imbéciles. Vos fous sont à terre parce que ce qu'ils avaient mis sous le tapis les a fait chuté. C'est tellement simple, un pas, et puis bam! Obstacle, chute. Et à terre, le tapis des autres n'est pas si lisse qu'on voudrait le faire croire. Quelles irrégularités. Bandes de menteurs! Que cesse les simagrées, que tombent les leurres. Il n'est pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Et ils se rassurent entre eux d'être sains. Otez-leur leurs fous, qu'on rigole. Otez-leur les reflets de leur âme, que commence le spectacle.



- Je ne vois pas en quoi mon mode de fonctionnement est mauvais.
- Il n'est pas normal. Et il tue. Non, ne me demande pas ce qu'est la normalité. Si tu avais jugé ton comportement normal, de toi-même, tu ne serais pas allée consulter, tu n'avais aucune pression.
- Je suis venue parce que j'ai appelé. J'ai appelé sur un coup de tête.
- Tu as appelé sur un coup de tête parce que l'espace d'un instant, tu as été assez lucide pour reconnaître que tu devais consulter.
- Je suis lucide, le suis même de plus en plus. J'ai appelé pour faire illusion, pour qu'on ne me reproche pas de me noyer sans agiter les bras pour remonter à la surface. Appeler, c'était justifier ma situation, une excuse que je servais sur plateau à quiconque me reprochait de ne pas faire d'efforts. Vous en connaissez, vous, des personnes qui ne sont pas lucides mais qui sont capables d'analyser leurs actes ? Je suis lucide.
- La première fois que je t'ai vu, je me suis demandé comment tu tenais encore debout. Pas physiquement, mais mentalement. Et je t'ai dit "C'est le chantier, là". Aujourd'hui, je sais que mentalement, ça ne flanchera pas. Cest pire que ça, tes pensées filent droit dans le mur, et plutôt que de s'essouffler sur le chemin que tu as pris, elles persistent vers leur but : le choc. Je te souhaite que ton corps claque avant que tu ne t'exploses contre la pierre, il y aura moins de dégats.



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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 06:43

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 07:31

Ectoplasme


"Casse-toi d'ici, tu me fais honte ma fille"
"Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ?"
"C'est pas toi qui va faire la loi ici"
"Tu sais quoi ? Fais tes valises"
"A ton âge, moi je"
"Dégage"


Un deuxième verre casse.
Les sacs plastiques débordent.
L'estomac se remplit. Puis se vide.
De nourriture, de sang, de vie.


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# Posté le mardi 03 novembre 2009 10:36

A disaster



Je suis une malade mentale. Pas au sens insulte, mais clinique de terme. C'est une constatation simple, sans sentiments, sans rien. Malade mentale. J'ai de l'acide plein le corps. Dans les yeux, dans le nez, vraiment partout. Il me brûle. Quel est le pH de l'acide gastrique ? Trois. Mais qui serait assez felée pour en arriver à ce point de saturation ? Je ne sais pas, je m'en fous. 8/6 de tension. Et j'en ris. Pour rien en fait. Ma mère fait de l'hypertension. Je dis n'importe quoi.

Vendredi 30 Octobre :

- Tu es en sevrage.
- C'est trop dur, trop brutal. Je ne peux pas passer de trois crises par jour à une tous les deux jours. On devrait me permettre de faire une crise par jour, ne serait-ce que pour l'adaption et...
- Tais-toi, tu ne te rends pas compte de ce que tu dis.
- Si, si, je vous assure. Ca va recommencer, ç'aura été trop vite et ça va être plus fort.
- Tu sais que les alcooliques du batiment d'en face, c'est zero alcool. Zero. Imagine ce que c'est pour eux. Et toi tu veux une adaptation ?
- Ca va recommencer, plus fort.
- Ca va recommencer si tu le veux. Ce sera de ta faute.
- Ca va recommencer. Plus fort.


Six crises aujourd'hui, neuf en deux jours. Evidemment. J'essaie de me prouver que je peux vraiment jouer à la conne.



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# Posté le lundi 02 novembre 2009 13:00